Interview de monsieur Arnaud Plichet

            Nous avons interviewé monsieur Plichet, cadre de la RATP régie autonome des transports parisiens), une entreprise spécialisée dans les transports ferroviaires. Nous nous sommes rendus à Manhattan, dans les bureaux de la RATP et avons effectué un entretien d’une heure. Nous avons discuté de différents sujets comme la place des transports ferroviaires dans le monde, l’importance de l’énergie dans le domaine des transports, et l’avenir des transports dans le monde. Cette interview est rédigée sous forme de questions/réponses.

Parcours professionnel:

             Arnaud Plichet a passé un Bac S et a fait une école d’ingénieur. Il est arrivé à la RATP, à Paris, en 2004. Il a commencé comme responsable de maintenance sur une ligne de tramway, puis a travaillé au centre de révision des rames de métros, Il est également devenu responsable d’exploitation d’une ligne. Il a par la suite travaillé sur des projets de transports à l’étranger, notamment au Maroc, en Afrique du Sud et aujourd’hui aux États-Unis. En Afrique du Sud il travaillait sur la mise en service d’un train interurbain reliant Johannesburg et Pretoria. Au Maroc, il était directeur du projet d’une ligne de tramway à Casablanca. Aujourd’hui donc, il est directeur technique pour les activités d’exploitation et de maintenance de RATP Dev en Amérique du Nord.

Le groupe RATP :

             Le Groupe RATP est constitué d’environ 60,000 personnes. La principale entité est la RATP (45,000 personnes) se charge de concevoir, exploiter et maintenir les bus, métros et certaines lignes de RER (A et B) de la région parisienne. En complément, plusieurs filiales de services en lien avec les transports font parties du groupe RATP. La plus importante se nomme RATP Dev et est dédiée à l’exploitation et la maintenance des systèmes de transports en dehors de l’Ile de France. RATP Dev est présent dans 15 pays dont les Etats-Unis où l’entité se nomme RATP Dev America et où elle exploite et maintient une trentaine de réseaux de bus (incluant les réseaux d’Austin, Charlotte, Augusta, etc.), des cars scolaires, des cars interurbains et deux tramways (Washington DC et Tucson). L’ensemble de ces activités mobilisent environ 3,500 personnes.

L’entretien : 

Quelle est votre analyse des besoins des transports dans le futur ?

         Les besoins sont très divers en fonction des pays et leur niveau de développement en matière de transport. Pour les pays en voie de développement, l’amélioration du réseau routier combiné à la réalisation de premiers systèmes de transport collectif capacitaires (type métro) sont une priorité pour faire face à l’accroissement rapide de la population urbaine. Pour les pays développés qui possèdent déjà un réseau de transport structuré, la tendance est plus vers le développement de systèmes complémentaires aux modes existants (tramways) et la recherche de solutions innovantes (projets de véhicules autonomes, auto partage).

La réduction de la pollution est une problématique importante pour votre groupe ?

          Le Groupe RATP entretient une relation étroite avec les acteurs locaux au service des politiques urbaines. Nous nous inscrivons dans une démarche de développement et de mobilité durables. Nous explorons des solutions nouvelles pour économiser l’énergie et lutter contre le changement climatique. Nous développons des échanges constructifs avec toutes les parties prenantes, fondées sur le respect et la transparence. L’exemplarité environnementale est pour nous un facteur différenciant.

Quelles sont les mesures prises pour réduire la pollution ?

       Nous projetons un renouvellement complet de la flotte de bus de Paris par des bus propres (bus électriques ou au gaz) à l’horizon 2025 (4,500 bus); un dispositif de captage géothermique dans les nouvelles stations de métro (récupération de l’énergie naturellement présente dans les sols pour alimenter la station en chauffage et climatisation mais aussi couvrir les besoins de bâtiments voisins); un renouvellement des matériels roulants par des matériels plus performants (récupération de l’énergie électrique de freinage); et enfin des bâtiments moins énergivores (panneaux photovoltaïques, toits végétalisés, isolation thermique) ainsi que de l’éco-conduite.

Quels sont vos projets concernant le développement des transports autonomes ? Quel est le projet qui vous semble le plus prometteur pour l’environnement ?

          Nous préparons des tests de navette autonome à Paris, tout d’abord sur les berges de la Seine en septembre 2016, puis prochainement entre les gares de Lyon et d’Austerlitz, ainsi que sur le site du commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) à Saclay dans l’Essonne.

Pensez vous qu’à terme, les transports autonomes remplaceront ceux actuels ?

           Oui, mais les impératifs de sécurité et l’intégration avec les autres modes de transport demanderont certainement encore plusieurs années de tests pour une utilisation à grande échelle de ces solutions innovantes.

Pensez vous que l’on gagnerait à améliorer la vitesse de nos moyens de transports, quels qu’ils soient ?

         La vitesse de déplacement constitue un enjeu majeur mais doit être considérée en fonction de l’environnement extérieur du mode de transport et des besoins des utilisateurs. Par exemple, une des clés du succès du tramway en France et dans de nombreux pays est l’amélioration de la vitesse commerciale (en comparaison des bus) grâce à la circulation en voie dédiée. Sur de plus longues distances, le choix d’une solution plus rapide doit être confronté avec le nombre d’arrêts souhaités et le coût additionnel de la construction (les lignes de TGV sont très coûteuses et ne se conçoivent qu’avec un nombre d’arrêts limités). En milieu urbain, la vitesse de circulation sera un des challenges pour que les navettes autonomes concurrencent les modes de transport classiques.

Est-ce que toutes ces possibles innovations, transports autonomes etc…, sont viables économiquement ?

            Les innovations (type transport autonome) sont généralement en partie financées par les laboratoires de recherches et les autorités publiques. Une fois la solution technique au point, ces innovations présentent un coût d’exploitation optimisé grâce à la flexibilité qu’elles offrent pour déployer les véhicules en fonction de la demande.

Enfin, comment envisagez vous l’évolution des transports dans le futur et leur impact sur l’environnement ?

               On se dirige vers des solutions de transports prenants toujours plus en compte les besoins environnementaux. Le déploiement des véhicules électrique est très représentatif des évolutions technologiques qui permettront de diminuer l’impact des transports publics sur l’environnement.

 

               Cet entretien avec monsieur Plichet nous a apporté un point de vue différent, celui des entreprises de transports, notamment sur les questions environnementales, et plus précisément les émissions de CO2, la production d’énergie et l’impact des énergie fossiles. Il a également été très enrichissent pour nous d’aborder l’impact qu’on les innovations technologiques sur les transports. Nous remercions donc chaleureusement monsieur Plichet pour nous avoir accorder de son temps pour répondre à nos questions.

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